Vladivostok (extrême orient russe)
14/15/16 -Vol matinal de Séoul à Vladivostok sur Korean Air – 2 H 30 de vol. A vol d'oiseau 750 Kms mais comme la corée du nord est interdite de survol on contourne largement par la chine …..
Dans le temps clair se dessine à l'infini l'immense territoire de baie et ldes cotes très découpées de Vladivostok et de la mer du Japon.
Et bing, on se remet 2 heures de décalage horaire en plus … on est à 9 heures de Paris ça commence à faire ..
L'aéroport perdu au milieu la taiga à 50 kms de la ville c'est quelque chose !
3 avions locaux somnolent sur le tarmac, un type fait du vélo entre des tupolev très fatigués, trois agents de piste trainent lascivement autour de l'avion...
On descend sur le tarmac où vient nous chercher un bus à rallonge flambant neuf pour nous conduire 15 mètres plus loin à la porte du terminal. Les manœuvres laborieuses prendront une bonnes dizaine de minutes avant de nous descendre !!! BIENVENUE EN RUSSIE.
Passage de 4 contrôles divers et variés. La brave fonctionnaire époque soviétique prend tout son temps à tamponner, signer, parapher, retamponner, regards inquisiteurs et enfin le sésame dument estampillé pour avoir le feu vert d'entrée ..ici le temps c'est pas de l'argent !!
le hall de l'aérogare est sinistre, resté à l'époque soviétique, en gros des murs gris et bleus trois affiches . Plus sobre on ne peut pas faire ..
Pour rejoindre la ville, un seul bus aux horaires flottants .. on prend donc un taxi (faux bien sur c'est le sport national) une heure trente de trajet sur une piste de poussière indescriptible, dans les nids de poules, au milieu des engins de chantier, des ouvriers qui mesurent à la chaine d'arpenteur la largeur de la route au milieu de la circulation, du croisement de gymkana des véhicules, on croit rêver … tout ça à cause du réaménagement total d'une autoroute entre deux villes sibériennes.
Notre hotel est un reste flamboyant de l'époque soviétique ..on ne s'étendra pas sur les mille détails du raffinement bordélique et hérissant qui mériteraient un livre. Point positif (et quasi le seul) on est au 11ème et dernier étage vec une vue magique sur la baie. L'hotel est à 95% occupés par des chinois en goguette qui déménagent les chambres et vivent toutes portes ouvertes, parfois à poil, mangent, boivent, font leur lessive, comme chez eux !!!!!
Harassés, on tombe dans les bras de Morphée à 9 H.
Petit déjeuner cantine russo-chinoise typique. Oublions les croissants et le café on mange bien roboratif ce qui reste sur le buffet ..au milieu d'un personnel qui s'en fout comme de sa première culotte. Un « hommes d'affaires » déjeune à notre table.. Denis tente la conversation mais on sent qu'il ne faut pas poser de questions ..
On attaque enfin la visite de la ville par la Corne d'Or, baie dans la baie, mais le funiculaire qui
| |
| |
monte au belvédère est comme il est courant en « problème technique» Alors on se coltine la colline à pied par les escaliers. Excellent exercice pour rattraper un peu le décalage horaire.
Vladivostok c'est le San Franscico de l'est du Pacifique. Construite sur des collines la ville est étagée et domine la mer du Japon. Ville maritime par excellence sur tout l'extrême orient c'est la capitale de l'immense région sauvage de la Primorié. Dernière frontière du continent eurasien. Le Japon est proche, la Chine contigue, et le dernier paradis communiste de la corée du Nord, juste de l'autre coté...
| |
| |
Vladivostok est un grand port commercial et militaire (la flotte pacifique y est basée). Les ferrys débarquent des hordes de chinois touristes ou businessmans) et les cargos chinois inondent le port de milliers de containers.
Les chinois ont envahi la ville pour y faire des affaires et exploitent (plutôt illégalement) les richesses naturelles de cette immense région riche. La ville est quasiment une zone ou tout possible. Un monde interlope d'affairistes s'y côtoie … Moscou est à 9300 Kms et la corruption locale doit être à la même hauteur.
Il ne reste pas grand chose de la gloire soviétique. Tout est en partie délabré, triste, sale. Des travaux colossaux sont en cours pour réaménager les bâtiments, les infrastructures, le port, les rues, etc... pas du luxe mais on peut se demander ou est passé l'argent public pour avoir laissé s'installer une telle déliquescence. Et à voir les moyens mis en œuvre et l'inertie des 5 ou 6 ouvriers par chantier, il y en a pour un certain temps …...
| |
Ci- dessus maison de Yul Brunner (né ici en 1920)
Malgré tout, cette ultime frontière, ce bout du monde, est attachant. La vie est un peu anarchique, déglinguée, et sans contrainte. Avec ces multitudes d'ethnies de la Russie et de l'extrême orient Très peu d'Européens , sommes les seuls français et on s'y sent bien ..
Fermée aux étrangers jusqu'en 1990, on retrouve partout les traces d'une histoire riche et fait de Vladivostok une ville à l'atmosphère particulière, complexe et étrange. Une ouverture sur l'autre coté du monde. Envoutante.
|
| |
22 H 30 Gare de Vladivostok – départ du transsibérien - A BIENTOT